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 LES CHÂTEAUX ET MAISONS FORTES

La vallée de la Seille compte de très nombreuses maisons fortes ; presque tous les villages de la Communauté de Communes ont eu ou conservent les vestiges d’une maison forte. Leur construction s’inscrit dans une période précise, du XIe au XVe siècle, qui s’achève avec la fin de la civilisation médiévale.

 

 SUR LE TERRITOIRE DE SEILLE&MAUCHÈRE

Armaucourt : La maison forte aurait été construite vers 1318 par Jean de Morey, le château au XVIe ou XVIIe. Il reste une ferme avec une tour et plusieurs ouvertures.

 

Armaucourt
 
 
 

Clémery : Une maison forte est édifiée par le comte de Bar avant 1406, à la place de la maison d’exploitation appartenant à l’abbaye de Saint-Symphorien (évêché de Metz). Elle est vendue à Antoine Warin ( duché de Lorraine) en 1488. Elle conserve son allure médiévale jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, puis subit des transformations successives, dont la plus importante, en 1861, lui donne le style Second Empire.

 

Château de Clémery

 

 

Mailly-sur-Seille : La maison forte existait dès 1252 ; renforcée vers 1376 avec l’aide financière de l’évêque de Metz. Elle perd toute fonction militaire au XVIe siècle, et subit des transformations : le fossé disparaît, des fenêtres à meneaux sont percées au XVIIe siècle. Le château actuel a conservé 3 tours rondes.

 

 

Maison forte de Mailly/Seille

 

 

Manoncourt : La maison forte appartient en 1366 à Simon de Jeandelaincourt ; elle a été convertie en exploitation agricole. Elle a été aménagée en chambre d’hôtes en 2006.

 

 Château de Manoncourt/Seille

 
 

Morey : Un ensemble associe une maison forte, une basse cour et une petite église. La maison seigneuriale est transformée en forteresse. 

 

Château de Morey

 

 

Nomeny : Le château existe dès le XIIIe siècle, subit de nombreuses agressions et transformations : l’actuel château date des années 1440-1442. Son intérêt stratégique a varié selon les époques, et il a tantôt été laissé à l’abandon, tantôt été restauré (par Nicolas de Vaudémont au XVIe siècle par exemple). 

La Cour de Toulon ; résidence des sires de Toulon (maison tour) (carte postale de 1919)

La cour de Serrières : résidence des sires de Fay édifiée vers 1357.

 

Château de Nomeny

 

 

Phlin : La maison forte est édifiée avant 1311 par un lignage local, vassal des comtes de Bar. Elle avait quatre tours, était entourée d’un fossé en eau. Elle fut transformée à partir du XVIe siècle, puis détruite en grande partie par la Première Guerre  mondiale. Des vestiges subsistent : deux tours circulaires, un fossé et un corps de logis récent en briques rouges.

 

 

 

Thézey-Saint-Martin : Une maison forte est construite au XVe siècle. Quadrilatère de 60 mètres de longueur avec quatre tours, entouré d’un fossé avec pont-levis. Elle subit de nombreux remaniements aux XVIIe  et XVIIIe siècles, destinés à la rendre plus résidentielle. Elle est saccagée durant la Première Guerre Mondiale. Les importants vestiges restants sont laissés à l’abandon.

 

 

Maison Forte de Thézey St Martin

 INFORMATIONS HISTORIQUES

 

Arraye : Il existait maison forte à Arraye au XIIIe siècle, transformée en maison de plaisance au début du XVIIe siècle ;  elle n’a pas survécu aux deux guerres mondiales.

 

Bey-sur-Seille : Une maison forte est mentionnée dès 1285, à l’emplacement de la grande maison qu’on appelle «le château» ; elle disparaît au XVIIIe siècle.

 

Brin-sur-Seille : Une maison forte est mentionnée dès 1294, il n’en reste plus rien.

 

Éply : l’ancienne nomination de la commune, «Esply-Aux-Deux-Tours» suggère l’existence d’une maison forte au XIIIe siècle, mais aucun texte ne le confirme.

 

Lanfroicourt : On suppose l’existence d’une maison forte fondée sur le lieu dit «Haut de la Tour», à 500 mètres au nord ouest de l’église. Elle est mentionnée dans le cadastre de 1830, ainsi que dans un texte, cependant aucun vestige n’est visible.

 

Létricourt : Une maison forte a existé au lieu dit «Le Vieux Château», à 100 mètres au sud de l’église. Elle est construite par l’écuyer Jean de Létricourt en 1334, puis appartient successivement au comte de Bar, à la maison de Serrières, à celle de Craincourt...Elle est détruite en 1636, remplacée par un château qui disparaît en 1944. Un parc boisé recouvre l’emplacement.

 

Leyr : Le cadastre de 1829 situe les lieux- dits «Derrière le Château», à l’ouest de l’église, et le «Haut Château», à 100 mètres au sud-ouest. Une tour ronde est construite avant 1421 par voués de l’abbaye de Saint-Glossinde. Laissée à l’abandon, elle est détruite en 1727 pour empierrer la chaussée.

 

Raucourt : À 100 mètres de l’église, une fortification existe depuis le début du XVe siècle ; l’abbé de Saint-Symphorien édifie à la fin du siècle un petit château résidentiel, détruit durant la Première Guerre Mondiale. Le cadastre de 1830 mentionne trois corps de logis, quatre tours d’angle circulaires. Subsistent une terrasse quadrangulaire, un fossé en partie comblé, un pilier à bossage de l’ancien portail.

 

Serrières : Une maison forte est édifiée au XIVe siècle. Il n’en subsiste aucun vestige ; l’emplacement, situé à 150 mètres de l’église, a été converti en verger à côté duquel se trouve une maison seigneuriale du XVIIIe siècle.

 

 

 

 FONDATEURS DES MAISONS FORTES

Les cadets de familles seigneuriales  ont été à l’origine de nombreuses maisons fortes. La poussée démographique qui débute au XIIème siècle touche aussi les lignages seigneuriaux. Le droit d’aînesse s’impose à la même époque : il garantit la cohésion du patrimoine foncier et permet aux cadets de se marier. Ils disposent de ressources limitées, sont à l’origine de constructions modestes.

 

Les chevaliers ou écuyers issus de la paysannerie aisée ont fondé des maisons fortes, comme celles de Létricourt et Mailly. Ils cédaient leurs alleux (domaine héréditaire conservé en toute propriété, libre et franc de toute redevance) à un seigneur pour les reprendre en fief, avec de l’argent ou de la terre en contrepartie. Le seigneur les autorisait à élever une maison forte, sous plusieurs conditions :

- ils devaient assurer un service de garde au château et n’avaient le droit d’accueillir dans la maison forte que ce seigneur : ce dernier augmentait ainsi le nombre de ses vassaux.

- critères architecturaux la rendant incapable de résister à une armée

Les clercs : les religieux de Saint-Symphorien ont bâti les maisons fortes de Clémery et Raucourt.

 

 

 

 APPARITION DES MAISONS FORTES

Au Moyen-Âge, la vallée de la Seille est une zone d’affrontements entre les grandes principautés territoriales : duché de Lorraine, comtés de Bar et de Salm, évêchés de Metz et de Verdun. La maison forte est un moyen pour les évêques et les princes laïcs de prendre le contrôle ou de protéger un territoire, une voie de communication. Ainsi, ils attribuent un fief à un chevalier ou à un membre d’une famille seigneuriale, et l’autorisent à édifier une maison forte. 

 

La période est marquée par une longue croissance économique. La population augmente rapidement. La production agricole est en plein essor grâce aux progrès techniques : assolement, irrigation, traction animale, outils en fer. Les échanges de marchandises s’intensifient. 

La prospérité économique permet à une nouvelle catégorie sociale d’émerger : les seigneurs. Ils s’installent près des villes et villages, dans les régions les plus florissantes de la vallée de la Seille. Ils perçoivent des taxes sur les paysans, sur les transactions commerciales dans les marchés. Les seigneurs s’enrichissent et acquièrent les moyens financiers de construire une maison forte.